Électricité : sous ou surtension ?
Depuis plus d’un an le secteur de l’énergie est au coeur des débats. L’inflation mais aussi le conflit ukrainien ont intensifié l'intéret pour le sujet. Voici quelques éléments afin de comprendre la production ainsi que la tarification de l’électricité en France.
Le point de départ : la production
Avant tout, concentrons-nous sur la production d’électricité. Plusieurs sources nous permettent de la produire. Il y a des sources carbonées comme le pétrole ou le gaz. Alors que, le nucléaire, l’éolien et le solaire sont des sources non carbonées. La liste des sources possibles n’est pas exhaustive, du fait de la multiplicité des sources d’énergies. Néanmoins, c’est bien un ensemble qui compose la production d’électricité en France et en Europe. C’est ce que l’on appelle le mix énergétique.
À la recherche de l’équilibre parfait
Bien que la recherche se penche sur le sujet, il n’existe pas de batterie en capacité de stocker de manière efficace de l’électricité. Il faut donc produire exactement la quantité demandée à un moment précis. Pour atteindre cet équilibre, des estimations sont déterminées en fonction de plusieurs paramètres. Il y a bien entendu les habitudes de consommations, corrigées par d’autres facteurs comme la durée d’ensoleillement pour l’éclairage ou les prévisions météo pour l’utilisation de chauffage. Si besoin, il est également possible d’importer ou d’exporter une petite partie de la production aux pays voisins afin d’ajuster l’offre d’énergie.
Afin de donner des ordres de grandeurs, 51 420 MWh ont été consommés en France à 12h30 le vendredi 14 octobre 2022 selon RTE (gestionnaire du Réseau de Transport d’Électricité en France).
La hiérarchisation du mix énergétique
Comme nous l’avons évoqué précédemment, différentes sources permettent de produire de l’électricité, mais elles n’ont pas des coûts d’installations et des coûts de fonctionnements similaires.
Pour composer le mix énergétique, il faut construire une base de la production. Pour cela, les énergies à faible coût de production sont privilégiées. En France, c'est notamment le cas du nucléaire où le coût de production est très faible, mais dont l’investissement nécessaire pour construire une centrale est très important. Il faut ensuite ajuster la production avec des centrales facilement et rapidement en production selon les besoins. Certaines de ces centrales ont généralement un coût d’installation faible mais un coût de fonctionnement très important. On peut citer l’exemple des centrales à gaz dont le coût de production dépend du prix d’achat de la matière première, vous l'aurez compris, le gaz.
La fixation des prix
Alors comment sont fixés les prix ? C’est la dernière unité d’énergie produite (dernière centrale mobilisée) qui fixe le prix de l’électricité. Si cette dernière unité est produite par une centrale nucléaire ou solaire par exemple, alors le prix sera faible. Alors que, si la dernière unité est produite par une centrale à gaz, le prix sera plus important. D’autant plus que le marché du gaz est sous tension notamment du fait des conséquences du conflit ukrainien.
Mais pourquoi utiliser ce fonctionnement ? Pourquoi les centrales nucléaires bénéficieraient, dans certains cas, d’un prix de vente élevé alors que leur coût de production est faible ? D’une part, cela permet à l’exploitant des centrales nucléaires d’amortir leur investissement important quant à la construction des centrales nucléaires. D’autre part, cette méthode permet de bénéficier d’un prix de l’électricité qui minimise les coûts et les prix. En d'autres termes, privilégier la production d'énergie à faible coût et bénéficier d'un prix bas lorsqu'il est bas.
Contexte européen sous tension
Le conflit ukrainien met en difficulté le continent européen. La France est privilégiée par son parc nucléaire, tout comme la Norvège par ses nombreuses centrales hydrauliques. Il faut ajouter à cela que le mois d’octobre est relativement doux et permet d’atténuer la pression sur le milieu de la production d’énergie.
Le contexte énergétique met en lumière les défis de long terme à savoir décarboner la production d’électricité. Mais aussi les enjeux de courts termes de production et de tarification de l’énergie pour les consommateurs face à ce contexte énergétique en tension. Cette situation complexe pourrait-elle être un basculement voire même une opportunité pour décarboner la production et l’utilisation d’énergie ? À suivre dans le prochain développement de cette série consacré à l’énergie.
