Comment expliquer la croissance ?
La révolution industrielle a initié un changement dans la dynamique de certaines économies. Les économistes ont donc cherché à expliquer la croissance alors observée. Présentation des principales évolutions.
Le point de départ
Tout commence avec la révolution industrielle qui a touché l’ensemble des secteurs économiques. La démographie a également été impacté à travers la transition démographique. Cette transition se traduit par le passage d’un niveau de naissance et de mortalité élevé à un niveau inférieur. Ce qui a pour conséquence de générer un accroissement de la population.
C’est à partir de ce moment que l’on observe des premiers signes de croissance chez certaines économies. La dynamique s’est fortement intensifiée au début du 20ème siècle. Ainsi, de nombreux économistes ont cherché à expliquer cette croissance observée.
Avant s’était comment ?
La richesse par tête de l’ensemble de la population était proche du niveau de subsidence. Les inégalités entre les régions les plus riches du monde et les moins riches étaient également minimes. À titre d’exemple, en l’an 1000 les régions les plus aisées étaient 1,1 fois plus riches par rapport aux régions les plus pauvres. Ce ratio passe à 3 en 1820 et à 18 en 2001.
Le modèle de Solow
Dans les années 1950, l’économiste Robert SOLOW (prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred NOBEL 1987) développe un modèle de croissance expliqué par le capital et le facteur travail. Ce modèle prévoit la croissance d’une économie jusqu’à un état stationnaire ("steady state"). Les économies doivent ainsi converger vers cet état stationnaire. Cette convergence est observable pour certaines économies.
Néanmoins selon Robert SOLOW, le modèle n’était pas complet car le progrès technique est "exogène". En d’autres termes, le progrès technique n’est pas expliqué par le modèle. Il est ainsi donné de manière arbitraire. On parle alors de "résidu de Solow".
Le progrès technique
C’est à partir des années 1980 que certains économistes cherchent à corriger le manquement provoqué par l’absence du progrès technique. Paul ROMER en 1986 puis Robert LUCAS en 1988 produisent des modèles de croissances dit "endogène". Ces modèles permettent ainsi d’expliquer le progrès technique. Ils prennent également en compte, d’autres facteurs comme le capitale humain.
Et les ressources naturelles ?
Bien que ces modèles cherchent à expliquer l’évolution des économies à travers différents paramètres, une contrainte particulièrement d’actualité n’a pas été prise en compte, à savoir les ressources naturelles. L’économiste Kenneth E. BOULDING indiquait : "Celui qui croit en une croissance infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste".
En 1972, dans le rapport du Club de Rome "Limits to Growth" (Les limites de la croissance), communément appelé "Rapport Meadows" (du nom de deux des quatre auteurs) questionne une croissance infinie dans un monde finit. Dans cette ouvrage, les auteurs présentent différentes estimations en prenant en compte un ensemble de variables dont les ressources naturelles dans une analyse appelée "systémique". Bien que cet ouvrage questionne la croissance, Dennis MEADOWS ne prône pas la décroissance. Selon lui les deux extrêmes ne sont pas des solutions.
La place de la croissance dans nos économies
La mesure de la santé économique d’un pays passe par différents indicateurs dont la mesure du PIB (Produit Intérieur Brute) qui permet ensuite de déterminer la croissance et son évolution (c.f. précédent développement sur la récession).
Néanmoins, le contexte environnemental et climatique nous pousse à questionner la place de cet indicateur. La durabilité d’une économie pourrait prendre une place plus importante.
L’apparition de nouveaux indicateurs
L’administration BIDEN, aux États-unis, souhaite, à partir de 2023, quantifier les variations de capital naturel et ainsi estimer la valeur économique des dommages environnementaux. Plusieurs paramètres seront prix en compte comme le niveau de pollution, ou le niveau d’érosion des sols à titre d’exemple. L’administration BIDEN est convaincue que si l’initiative fonctionne, d’autres pays suivront.
Ainsi, au cours du 20ème siècle les économistes ont cherché à expliquer la dynamique de croissance observée. Néanmoins, depuis les années 1970 certains chercheurs pointé du doigt la recherche à tout pris de la croissance pour ces conséquences environnementales néfastes. L’initiative lancée par l’administration BIDEN pourrait permettre de mesurer les dommages environnementaux mais surtout guider les politiques économiques vers plus de durabilité.
