Pourquoi les économistes s’intéressent-ils à l’île de Pâques ?
Ce n’est pas pour leurs prochaines vacances en Amérique du Sud, ni pour leur passion pour l’archéologie. C’est tout simplement pour des questions de durabilités qu’ils portent un intérêt particulier à cette île chilienne.
L’île aujourd'hui
L’île de Pâques, aussi appelée "Rapa Nui", se situe à plus de 3 000km à l’ouest des côtes chiliennes. C’est une île d’origine volcanique au sol fertile (activité volcanique). L’île est constituée de peu d’arbres. La biodiversité marine, elle, est faible, si l’on compare l’île de Pâques à d’autres îles du Pacifique.
Avant c’était comment ?
Différentes études archéologiques ont montré qu’auparavant, l’île était recouverte d’une forêt de palmier. La biodiversité était également plus abondante notamment en terme d’oiseaux qui étaient une source de nourriture pour la population locale. Le portrait de l’île semble à l’opposé de la situation actuelle.
Les chercheurs ont également trouvé les traces d’une activité économique dynamique en retrouvant un certain nombre d’outils. Les recherches archéologiques ont également montré une évolution significative de la densité de population au coeur de l’île. Elle aurait atteint près de 10 000 habitants, approximativement en l’an 1 500. Alors que l’économie avait le vent en poupe, et avait atteint un certain niveau de richesse, les insulaires ont commencé à se tourner vers des activités non productives comme la création de sculptures immenses.
Néanmoins, il semble qu’un effondrement ait eu lieu à partir de l’an 1 500 et la gestion des ressources naturelles est pointée du doigt. La surexploitation des ressources pour répondre aux besoins de la population grandissante ainsi que pour répondre à la demande de biens non productifs (statues) a eut des conséquences terribles pour les insulaires. Dans un premier temps, il semble que les habitants ont subi des changements dans leur régime alimentaire. Ils ont ensuite commencé à abattre de plus en plus d’arbres. Au-delà de mettre à mal la biodiversité animale, la déforestation a affecté la rétention d’eau et a également détruit la protection naturelle contre les vents marins. L’ensemble de ces phénomènes a eu pour conséquence d’affecter négativement la production agricole. Les recherches archéologiques ont également montré l’apparition, à cette période, d’armes, de violence entre insulaires et même de cannibalisme.
Que disent les premiers témoignages européens ?
L’île a été pour la première fois visité par des européens après son déclin. En 1774, James COOK arrive sur l’Île de Pâques et décrit alors l’île comme désertique et contenant à peine 3 000 habitants.
Les européens constatent que l’île semble assez pauvre. Ils déplorent, également, que les habitants n’ont aucune connaissance technique nécessaire à la mise en place de grandes statuts alors présente sur l’île. De plus, ils remarquent l’absence d’arbres nécessaire à la confection d’outils.
Et les économistes dans tout ça ?
Les économistes ont cherché à comprendre et à modéliser l'éffondrement de l'Île de Paques lié aux ressources naturelles. Dans ce modèle, sont pris en compte les récoltes, la production de biens, les ressources naturelles, la technologie, le marché du travail, le marche de la nourriture ainsi que l’évolution de la population. Avec l'ensemble de ces données, le modèle confirme les grandes étapes et l'évolution tragique identifié par les archéologues.
Les économistes ne se sont pas arrêtés à ce simple constat. Ils ont cherché à faire évoluer certaines variables pour voir les résultats. En d’autres termes, regarder ce qu’il advient si l’on double le taux de régénération des ressources naturelles à titre d’exemple exemple. Ces différentes manipulations ont montré la sensibilité de chacune des variables. Un petit changement suffit pour passer d’une situation durable à un effondrement.
Que montre l’exemple de l’Île de Pâques ?
Ce genre d’étude permet de souligner la fragilité des écosystèmes mais aussi l’importance de s’intéresser et de mesurer les caractéristiques de notre environnement, afin de se tourner vers des économies plus durables. Par le passé, l’humanité a déjà connu des effondrements qui sont documentés. Ces modèles permettent de questionner la durabilité de nos économies et ainsi prévenir d’un effondrement possible.
